31 janvier 2009
King Kong
Je n'ai nullement l'intention de vous parler ici de ce fameux film qui avait marqué en son temps (1930) les esprits : King Kong. Ni de son plus récent remake réalisé en 2005. Mais de l'usage publicitaire qui peut en être fait.
J'avais déjà remarqué que certaines entreprises nationales lancent fréquemment des campagnes d'affichage fondées sur un large bestiaire. Dans ce domaine, le best of de la bestialité revient indiscutablement à une banque spécialisée dans le crédit! A chaque fête du sacrifice d'Abraham, le mouton se dresse fièrement sur leurs affiches pour narguer le pauvre citoyen qui n'a pas de quoi s'acheter un petit kilo de viande...A ce propos, j'avais déjà traité le sujet: ici .
L'affiche du présent billet évoque par certains côtés le fameux slogan qui a fait les beaux jours d'un célèbre hypermarché français : "Mammouth écrase les prix" ! Dans un contexte économique mondial frappé par la débandade financière et par la débâcle des systèmes bancaires, notre banque recourt à l'image du gorille féroce censé réduire en poussière le taux d'intérêt ! Par un petit tour de passe passe dont les publicitaires raffolent, on constate sur l'affiche que la main droite de la bête n'enserre plus d'un geste transi d'amour la belle Ann mais une vulgaire et inerte pancarte. A l'évidence, ce message publicitaire ne cible pas n'importe qui! Mais un citoyen cultivé, cinéphile et averti! Le pauvre analpha-bète qui coure les rues risque fort de faire l'amalgame, à chaud, avec les images récentes de la destruction massive et aveugle de Gaza...
Toujours est-il que dans la conjoncture actuelle où le Mammouth n'écrase plus les prix, il ne reste à King Kong qu'à écraser les prouts...puisque comme le dit si bien une expression marocaine pour qualifier une persone qui ne possède pas un sou vaillant, sonnant et trébuchant : "il est frappé par le prout" ( darbâh el 7azqa )...
A bon entendeur, salut!...
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30 janvier 2009
Il vaut mieux tarbouche que jamais!
25 décembre 2008
Faisons la fête sous les étoiles!
Je me sens comme oiseau en cage! Je pense que l'heure d'une petite retraite dans le désert a sonné. Je vous dis à très bientôt et vous souhaite plein plein de moments de joie et de bonheur...
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24 décembre 2008
Les voeux à la marocaine
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19 novembre 2008
Les houris du paradis
Les portes du jardin d'éden ne payent pas de mine! Elles se dressent anonymes au détour d'une ruelle parfaitement anodine!
Celle qui figure sur la photographie de gauche en est une! C'est le mot "garden" (qui rime avec "éden") qui m'a mis la puce à l'oreille! J'avoue qu'à sa vue, j'ai cherché par un petit trou au niveau du cadenas à jeter un petit coup d'oeil indiscret vers l'intérieur...Mais le feuillage dense d'un arbre a déçu ma curiosité.
Insatisfait, je continue mon chemin et à peine le coin de la rue franchi, je tombe sur un vieil homme habillé de blanc et qui semble par son allure et son maintien originaire d'un autre monde! Devant lui, posés pêle-mêle sur un plastique de fortune des livres d'occasion pour l'école primaire et le collège. Des livres de français, d'anglais, d'histoire et de géographie, une paire de lunettes Ray-Ban et des illustrations pieuses ou populaires...etc.
Je farfouille du regard cet assemblage hétéroclite digne d'un collage surréaliste lorsque mes yeux s'arrêtent sur une image singulière qui me regarde plus intensément que les autres! Celle où quatre houris de rêve se prélassent au bord de l'une des fameuses rivières du jardin d'éden! Je constate avec bonheur qu'elles ne portent pas le voile! Vais-je succomber au chant de ces sirènes?...Ce soir, je téléphone!...
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15 novembre 2008
Madone et chair fraîche !
Un indice : cherchez sa jumelle sur le blog photo de Libération...
14 novembre 2008
L'islam est-il soluble dans google ?
15 octobre 2008
Exilés en terre natale
Nous ne voulons
Ni ascenseur pour la tour de Babel
Ni monument a soldat inconnu
Ni ciseaux
Dans l'attente d'un poème
Qui nu s'insurgerait
Contre la rime.
Cours nuit triomphale
Les étoiles du matin te poursuivent.
Il se peut
Que l'homme parte sans retour
Mais revienne pendant la nuit.
Qu'il tressaille
Et ses yeux s'ouvrent
Sur la différence.
Nous voulons
Midi à minuit
Une lune dans les bras du soleil
Des salles où la lumière du jour
Ne s'accointe avec le frisson
Et la balafre de la peur.
Nous emporterons
La promesse et le doute
Dans l'autre monde
Vers les vivants.
Ce que nous voulons
Est déjà sur la terre.
Ni tête
Ni main
ni bras
Ni même cet héritage.
Mais une mèche de l'histoire
Lissée au gré des feuilles.
Abdul Kader El Janabi
Abdul Kader El Janabi est un poète irakien né à Baghdad en 1944. Traducteur en arabe de Paul Celan, Benjamin Péret, Joyce Mansour et de divers poètes américains. Il a publié plusieurs recueils de poèmes, différents essais critiques et a été fondateur et directeur de revues d'inspiration surréaliste, notamment "Al-Raghba al-ibâhiyya" (Le désir libertaire) et "Farâdis" (Paradis), interdites dans les pays arabes pour leur approche critique des questions religieuses et sociales. Il est l'un des rares poètes arabes à ouvrir un dialogue direct avec les poètes israéliens. Il vit en Europe depuis 1970. Son livre "Horizon Vertical" publié aux éditions Actes Sud, retrace son parcours de poète à la frontière de diverses cultures. (Sources : Le poème arabe moderne, anthologie établie et présentée par Abdul Kader El Janabi, préface de Bernard Noël, Maisonneuve & Larose, page191).
Les trois photographies qui illustrent ce poème ont été prises sur les hauteurs du moyen Atlas. Elles montrent parfaitement que l'homme est le produit de son milieu. Ces graffiti, en tant que mode d'expression libre, illustrent l'univers quotidien d'un berger en compagnie de ses animaux au milieu d'une nature ingrate ...
Cliquez dessus pour mieux les déchiffrer.
13 octobre 2008
Rouge à lèvres et sel marin
Il est comme une sentinelle -c'est ce qu'il faut bien comprendre-, dressé là pour défendre cette portion du monde contre la silencieuse invasion de la perfection, fêlure infime qui désagrège la spectaculaire mise en scène de l'être. Parce qu'il en va toujours ainsi, la petite lueur d'un homme suffit pour blesser le repos de ce qui était à un doigt de devenir vérité, et redevient alors immédiatement attente et interrogation, par le simple et infini pouvoir de cet homme qui est fenêtre, lucarne, fente par où s'engouffrent à nouveau des torrents d'histoires, répertoire immense de ce qui pourrait être, déchirure sans fin, blessure merveilleuse, sentier foulé de milliers de pas où rien ne pourra plus être vrai mais où tout sera -comme sont précisément les pas de cette femme qui, enveloppée dans un manteau violet, la tête couverte, mesure lentement la plage, longeant le ressac de la mer, et raye de droite à gauche la perfection désormais enfuie du grand tableau, grignotant la distance qui la sépare de l'homme et de son chevalet jusqu'à n'être plus qu'à quelques pas de lui, puis juste à côté, là où s'arrêter n'est rien- et, sans dire mot, regarder.
L'homme ne se retourne même pas. Il continue à fixer la mer. Silence. De temps en temps, il trempe le pinceau dans une tasse de cuivre et trace sur la toile quelques traits légers. Les soies du pinceau laissent derrière elles l'ombre d'une ombre très pâle que le vent sèche aussitôt en ramenant la blancheur d'avant. De l'eau. Dans la tasse de cuivre, il n' y a que de l'eau. Et sur la toile, rien. Rien qui se puisse voir.
Souffle comme toujours le vent du nord, et la femme se serre dans son manteau violet.
-Plasson, voilà des jours et des jours que vous travaillez ici. Pourquoi donc emporter avec vous toutes ces couleurs si vous n'avez pas le courage de vous en servir ?
La question paraît le réveiller. Elle est parvenue jusqu'à lui. Il se tourne pour regarder le visage de la femme. Et quand il parle ce n'est pas pour répondre.
- Je vous en prie, ne bougez pas, dit-il.
Puis il approche le pinceau du visage de la femme, hésite un instant, le pose sur les lèvres et lentement le fait glisser d'un coin à l'autre de la bouche. Les soies se teignent de rouge carmin. Il les regarde, les trempe à peine dans l'eau, et relève les yeux vers la mer. Sur les lèvres de la femme reste l'ombre d'une saveur qui l'oblige à penser "de l'eau de mer, cet homme peint avec de l'eau de mer" - et c'est une pensée qui fait frissonner.
Depuis longtemps déjà elle s'est retournée, et elle mesure de nouveau la plage immense du rosaire mathématique de ses pas, quand le vent passe sur la toile sécher une bouffée de lumière rose, nue à voguer dans le blanc. On pourrait rester des heures à regarder cette mer, et ce ciel, et tout ce qui est là, mais on ne trouverait rien de cette couleur. Rien qui se puisse voir.
Alessandro Barrico, Océan mer, Gallimard.
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11 octobre 2008
A quoi rêvent les jeunes filles en fleurs ?
La réponse à cette question est sans détours! Les jeunes filles ne se contentent pas de jouer à la poupée. Elles se projettent via le jeu dans leur avenir. De par chez nous, l'éducation de la jeune fille dans les familles traditionnelles (et même chez celles qui s'en démarquent) se fait encore plus ou moins implicitement dans la perspective fort étroite de son mariage. On lui apprend l'art, la ruse et les mille et une manières de prendre un prince charmant dans ses rets...Le poids de la société et de la religion ne laissent pas à la jeune femme d'autres échappatoires : en dehors du mariage légal, point de salut! Cette voie royale vers l'union sacrée est souvent imaginée comme un conte de fée avec happy end garanti...dans le sens chimérique du "ils vécurent très heureux avec résidence secondaire, piscine, superbe bagnole... et eurent une descendance nombreuse...".
Ce cliché a la peau dure et il suffit par exemple de voir comment il perdure dans les clips des chanteurs de variétés qui polluent le paysage sonore national...Il y a bien sûr un autre fait révélateur! Celui de la télé réalité à la soupe marocaine avec Lalla laâroussa qui fait du mariage un conte des mille et une nuits! Pour tout vous dire, cette émission a enregistré des sommets d'audience !
Il est inconcevable dans cette phase de la vie d'envisager le pire...Le divorce précoce par exemple! Or la réalité des statistiques établis par les sociologues qui se penchent sur la question montre de façon significative que l'on se marie beaucoup mais que l'on divorce à tout va! Très souvent, on reste fiancés pendant trois ans pour divorcer en trois minutes...
A l'école, on fait l'éloge du mariage et on nous rabat les oreilles avec l'idée que Dieu répugne au divorce au point que son trône tremble à chaque fois qu'une rupture est prononcée ! Pauvre de lui, il y a de quoi attraper la maladie de Parkinson !
Dernièrement, au rayon poupées d'un grand magasin, j'ai appris que Barbie et Kent avaient divorcé! Ce qui est extraordinaire c'est la valeur ajoutée que procure le divorce! Une poupée Barbie célibataire coûte en moyenne dans les 20 euros! En revanche, son prix frôle les 60 euros quand elle est divorcée ! La raison est toute simple: quand vous achetez une poupée Barbie divorcée, vous bénéficiez de la villa de Kent, de sa voiture, de sa moto...etc.




























