21 mai 2009
Réflexions sur une exposition

Pour mon exposition "Ville
manivelle", j'ai retenu 14 tirages allongés: 6 au format 30 X 135 cms
et 8 au format 30 x 180 cms. Pas d'encadrement mais un laminage sur
panneau PVC rigide et léger. Une immense baie vitrée fait le tour de la
galerie qui donne sur une rue très animée. C'est de l'extérieur que j'ai
fait -sans alibi artistique- ces quelques images pour rester dans la veine des réflexions des
billets précédents!

Cliquez sur les images pour les voir en grand
20 mai 2009
Réflexions sur l'oeuvre de Nabil Boutros (suite)
Entretien avec Nabil Boutros pour présenter son travail intitulé "Portraits latents".
"La pire des disgrâces, c'est le manque d'humour"
Quelle était votre démarche artistique ?
- Faire le portrait d'une personne est toujours soumis à son bon vouloir; un jeu fluctuant entre ce qu'elle souhaite montrer ou laisser dévoiler et ce qui se voit malgré elle...La confrontation entre le photographe et le photographié se joue ordinairement en un temps court et donne lieu à quelques images. S'agissant d'écrivains, j'ai souhaité pour ce travail élargir le champ en m'imprégnant de leurs textes et en partageant un temps plus long avec eux dans leur quotidien.
Comment s'est faite la rencontre avec les auteurs ? Avez-vous procédé de la même façon avec chacun d'entre eux ?
- Ma première rencontre avec les auteurs était volontairement avec leurs textes, j'ai souhaité percevoir quelques fils rouges qui me guideraient...Aussi, j'ai pensé que les objets et les lieux importants pour eux pourraient me guider.
La rencontre chez chacun s'est évidemment faite selon des modes différents en fonction de leur personnalité et leur degré de connivence.
Pour certains, les lieux étaient désincarnés, ou les objets n'avaient pas d'importance; parfois leur histoire liée à l'Histoire prenait le dessus. Les filigranes que j'ai trouvés dans leurs textes se sont avérés justes, mais toujours enrichis par les commentaires confiés lors de nos échanges.
Quelle est la signification des titres
donnés aux oeuvres et classés en séries : Caravagesque, Magie Noire,
Urgence, Brelan,...etc. Le titre est-il censé faire directement écho au pouvoir d'évocation des textes voire des auteurs eux-mêmes ?
- Les titres font partie intégrantes de l'oeuvre de la même manière que les mots inclus dans les images. En général, ils font références aux histoires personnelles des auteurs qui se retrouvent dans leurs écrits. Ils font parfois référence à leur poésie ou leur imaginaire (Marelle, Métamorphose, Caravagesque, Magie Noire), ou à leur attitude (Urgence, Brelan, Le Magicien).
Formellement les séries se sont imposées en travaillant, ce n'était pas un souhait de classification.
L'oeuvre photographique ainsi réalisée vous paraît-elle révéler certains aspects d'eux-mêmes ou faire ressortir certains caractères de leur oeuvre ?
- J'espère que le travail accompli révèle aussi bien les aspects de leur oeuvre que de leur personnalité, une sorte de pont visuel entre les deux. Il révèle des choses et par conséquent en occulte d'autres...Les facettes sont multiples et les portraits restent toujours "latents".
Cliquez sur chaque image pour la voir en grand
18 mai 2009
Réflexions sur l'oeuvre de Nabil Boutros

Dans le cadre de la troisième édition des rencontres internationales de la photographie de Fès, le photographe Nabil Boutros expose à la galerie Rio une série de portraits photographiques. Le photographe a pris comme modèles quatre dramaturges africains (Koffi Kwahulé, Dieudonné Niangouna, Marcel Zang et Koulsy Lamko). Sur certaines photographies, on peut lire une réflexion tirée de l'oeuvre de chacun de ces auteurs. Ainsi, l'une d'elles porte dans la partie inférieure du tirage ce message : " C'est dans le corps absent que commence la vraie tragédie" (cliquez sur l'image en haut à droite pour voir cette image). Cette galerie est en réalité une ancienne scierie désaffectée transformée pour l'occasion en espace d'exposition. Ce matin, je m'y suis rendu (en dehors du vernissage) pour pouvoir dialoguer en tête à tête clair et limpide avec les oeuvres...Malheureusement, il y avait trop de réflexions parasites! Ces dernières étaient animées par des techniciens qui étaient en train de monter une tente-studio!





Cliquez sur chaque image pour la voir en grand
Je reviendrai dans un prochain billet et de façon plus approfondie, sur ces réflexions...
09 mai 2009
Printemps de la photo
La troisième édition des rencontres internationales de la photographie de Fès ouvrira ses portes à partir du 8 mai et restera en vue jusqu'au 14 juin 2009. Voici ce qui est annoncé sur le site officiel de cette manifestation:
"3ème édition de ces Rencontres de la Photo qui rassemble des vidéastes
de la Biennale de Bamako grâce à la complicité de Culturesfrance, Bruno
Hadjih et son superbe regard sur le soufisme en Afrique, pour un
hommage au Festival des Musiques Sacrées, Thami Benkirane et sa « ville
manivelle » au regard neuf et fascinant suite au traitement alchimique
de la pellicule, Gérard Chemit nous convie à une évasion originale dans
un monastère, par un toucher délicat de la matière, il sait traduire la
notion du silence. Mais c’est aussi les Rencontres des Photographes de
la Méditerranée que nous proposons ; jeunes talents qui exposent en
médina, qu’ils soient photographes ou vidéastes"
Le vernissage proprement dit des différentes expositions aura lieu le mercredi 13 mai selon un calendrier horaire un peu marathon :
18h30 > Galerie Kacimi : Bruno Hadjih
19h30 > Galerie Institut Français : Thami Benkirane
Galerie Rio : Nabil Boutros, Les vidéastes de Bamako, Les photographes de la Méditerranée
21h30 > Dar Batha : Gérard Chemit
22h > Porte Boujloud : Tente Périphériques

Cliquez sur les images pour les voir en grand
Pour vous faire une idée plus détaillée "textes de présentation et images à l'appui), je vous invite à télécharger le programme de cet événement fassi en cliquant ici
20 février 2009
Un jeudi formidable!
Tous les jeudis ne sont pas noirs! Celui du 19 février 2009 est à marquer d'une pierre blanche! Il a été consacré à la visite de la médina de Fès en compagnie de F. et A. venus nous rendre visite. J'ai connu F. en allant sur son blog Mogador. Les vertus de la blogosphère ont encore une fois opéré!
A chaque descente en médina, je me demande ce que je vais bien pouvoir photographier...Et à chaque fois, le bouquet d'images recueillies est à la fois varié et différent! Je vous donne à voir, pêle-mêle, sans tri préalable et sans aucun alibi artistique, les images d'un jour baigné d'une lumière éclatante et aux ombres vigoureuses!
L'occasion pour moi de vous signaler que je vais m'absenter quelques temps.
07 février 2009
Les rencontres internationales de la photographie à Fès
Du 1er mai au 15 juin 2009, aura lieu à Fès, la troisième édition des rencontres internationales de la photographie. Elle sera consacrée à la thématique de " l'autre". A l'affiche de cette manifestation plusieurs expositions dans différents lieux de la médina et de la ville nouvelle. Le public fassi aura l'occasion, entre autres, de venir apprécier les photos de la septième biennale de Bamako. Les organisateurs lancent un double appel à candidature pour alimenter l'exposition à l'intention des photographes et des vidéastes de la Méditerranée. Les détails pour y participer sont consultables sur le site officiel des rencontres : ici .
Ma propre participation à ces rencontres se fera avec des images issues de la série expérimentale réalisée à la manivelle. Ce n'est pas encore définitif mais il y a de fortes chances pour que ça ressemble approximativement à cela :
23 décembre 2008
Alors...ce salon ?
Si l'on comptabilise dans les journaux et les magazines le nombre des annonces relatives à la tenue de la 13 ème édition du salon national photo,
on peut avancer que cette manifestation a eu bonne presse! Mais ces
annonces n'ont dépassé que très rarement le stade informatif. Aucun
dossier bien ficelé qui puisse apporter au lecteur une évaluation
critique des oeuvres exposées. Et quand le compte rendu du salon s'étend sur deux pages comme c'est le cas dans un hebdomadaire portant sur la semaine du 20 au 26 décembre, force est de constater que le lecteur reste sur sa faim. L'auteur de l'article intitulé étrangement "Clichés cachés" nous donne une vision bien tronquée de cet événement: la liste des participants n'est même pas indiquée et rien n'est dit sur les autres expositions tenues en parallèle ! Dans ce cas précis, même l'information la plus élémentaire n'est pas fournie. Le lecteur de ce périodique ne saura jamais rien sur les lieux où se tiennent les trois expositions du salon ! Il n' y a pas que les clichés qui sont cachés ou passés sous silence!
La question que je me pose est la suivante : quand aurons-nous des journalistes d'investigation capables de se rendre dans les galeries pour évaluer de façon exhaustive et impartiale, en connaisseur et avec un regard critique, le travail exposé ?
A chacune de mes expositions, le ou la journaliste me téléphone pour me demander de répondre à ses questions. De la sorte, son travail se limite à faire bien planqué chez lui ou à son bureau une petite synthèse à partir des réponses fournies. Là, je mets le doigt sur l'absence grave d'un discours critique portant sur la photographie. Il revient aux instituts de formation des futurs journalistes de combler ces lacunes et d'initier leurs étudiants à l'histoire de l'Art...Sinon, pour le moment, nos journalistes qui cherchent à s'occuper des arts visuels me donnent l'impression de pédaler à côté du vélo...pour ne pas dire qu'ils sont à côté de la plaque!
L'objet de ce billet n'est pas de faire le compte rendu critique des trois expositions. Ce n'est pas mon rôle. Pour éviter de tomber dans le travers courant d'être à la fois juge et partie. A ce propos, j'invite le lecteur marocain à lire dans le catalogue de l'exposition le dense et pertinent compte rendu d'Abdelkrim Chiguer qui présente sur huit pages l'ensemble des artistes et leurs travaux respectifs. Pour cette raison, je me limite à quelques constatations d'ordre général. Globalement, je trouve que ce salon offre une variété d'oeuvres intéressantes. Je regrette juste un peu la thématique retenue : "Mémoires" (au pluriel). C'est un peu un sujet bateau. Dans la mesure où toute photographie a quelque chose à voir avec la mémoire. J'ai pour cette raison ressenti un éparpillement ou un manque de cohérence dans les oeuvres exposées. Ce n'était pas le cas par exemple dans le douzième salon consacré à la poétique de la ville.
Pour moi, personnellement, j'ai pleinement apprécié le fait qu'il y ait, en parallèle avec le salon national exposé dans le cadre étouffant ou écrasant de la galerie Bab El Kebir aux Oudayas, des photographes invités originaires de France. La galerie Mohammed El Fassi leur est entièrement consacrée. On peut y admirer le travail de haut vol de cinq photographes réunis sous la bannière de la galerie NegPos de Nîmes. J'avoue ici un coup de foudre pour le travail exceptionnel de Véronique Chanteau.
Le second moment fort était celui des retrouvailles avec le père fondateur de l'Association marocaine d'Art Photographique : Abdelhamid Rmili. Je le remercie vivement pour le plaisir qu'il nous a donné en projetant son travail en noir et blanc, de facture classique et humaniste, sur la ville de Kénitra et ses environs. Un moment d'émotion rare!
La petite série de photos qui va suivre a été réalisée sans alibi artistique dans la galerie Mohammed El Fassi.
Cliquez sur les images pour les voir en grand
06 décembre 2008
Le fin mot de l'histoire


Cliquez sur chaque image pour connaître la fin de toute histoire
21 novembre 2008
Hommage à Harrba
"Au physique, l'homme est sans relief : une petite tête vissée sur un tronc malingre, des yeux chassieux, une moitié de crâne dévorée par la teigne. N'empêche que ce gringalet est une véritable bête de scène, un narrateur hors pair qui sait maintenir en haleine son public avec un répertoire des plus variés. Tantôt il improvise des sketches inspirés de la vie quotidienne où il tourne en bourrique ses coreligionnaires, tantôt il raconte dans des versions qui n'appartiennent qu'à lui des histoires connues de tous. Collée sur son épaule, une petite taârija lui permet d'accompagner son récit ou de l'interrompre par des performances rythmiques où il excelle. (...)sa voix (qui)sait parodier l'homme et la femme, le riche et le pauvre, le maître et le domestique, le citadin et le paysan, le sourd et le bègue, le cadi corrompu et l'imam tartuffe, le mendiant feignant la cécité, le marchand trompant sur la marchandise, et maints autres simulateurs et filous. Puis Harrba changera de registre.(...)Harrba sautera, virevoltera, se multipliera. Il imitera le vent, les vagues, le tonnerre, la pluie, le cri des animaux, le pet sonore des sans-gêne, celui silencieux des sournois, et sans crier gare s'arrêtera pour réclamer son dû :
-"Vous voulez que je continue ?
- Oui! répondra le public unanime.
-Eh bien, dira-t-il, le cinéma c'est pas gratuit. Mettez la main à la poche, et que je les entende tinter, vos sous".
Abdellatif Laâbi, Le fond de la jarre, Folio, pages112-114.
Harrba était avec Aycha Baitaite l'un de nos chouchous! A la sortie du lycée Moulay Idriss, nous nous rendions sur l'esplanade de Boujloud qui jouxte la parc Jnane Sbîl ou encore un peu plus loin sur la place de Bab Lmakina pour nous mettre en cercle autour de lui et former une halqa constituée de toutes les générations tous sexes confondus!
Je me rappelle encore de l'un de ses sketches! Il prenait sa djellaba noire, l'enroulait de tout son long pour lui donner la forme d'un corps et il l'allongeait raide sur le sol devant lui. Il prenait ensuite son couvre-chef, un fez bien rouge et le plaçait au bout de la djellaba en guise de tête! Il commençait alors à se lamenter en annonçant que "Qaddour était mort". Sur le mode de la suggestion, il prenait à témoin de préférence des femmes un peu naïves en les invitant avec humour à décrire le défunt! La femme qui acceptait de se prêter au jeu se lançait alors dans une description désopilante pour les spectateurs : "il est noir, il est long de taille, sa tête ronde et rouge est gonflée...etc." . Il lui arrivait aussi pour donner du piquant à la description de placer un bâton au milieu et à l'intérieur de la djellaba afin de le dresser comme un mât...Le pauvre Qaddour est mort en bandant! Il a succombé à une épectase!...Comment allons-nous faire pour inhumer une dépouille d'équerre ? Y-a-t-il un docteur en théologie dans l'assistance ?...
20 novembre 2008
Vierges mais sodomisées
Ce titre, ce n'est pas moi qui l'ai inventé! Il est là comme une tête d'affiche du cinéma populaire du quartier. Les spectateurs ont le choix entre plusieurs genres de films! Il y a une éducation à l'anglaise, une misérable histoire d'amour à l'indienne, beaucoup de violence à l'américaine...etc.
La deuxième affiche à partir de la gauche se dresse de toute évidence comme un hymne à l'hymen. Est-ce la raison pour laquelle le censeur a fermé les yeux ? En tout cas, face à l'hypocrisie générale sur la question de la virginité, force est de constater qu'il existe mille et une manières pour la jeune marocaine de vivre sa sexualité et de parvenir à donner le change en arrivant toute vierge dans la dakhchoucha dressée pour SA nuit de noces...
"Dans le film "Corazones de mujer" sont traitées des questions brûlantes qui concernent le sexe dans le monde arabe: l'homosexualité, le contrôle de la virginité des femmes et leur libre arbitre. Cette fiction, actuellement programmée dans le cadre du festival cinématographique parisien : "Gays & lesbiens", raconte l'histoire de Zina (jouée par l’actrice Ghizlane Waldi), une jeune italienne d’origine
marocaine, qui est sur le point de se marier avec un riche musulman.
Shakira, un travesti marocain qui a la réputation d’être le meilleur
couturier de Turin, est chargé de la confection de sa robe de mariage.
Lors d’un essayage, Zina fond en larmes dans les bras de Shakira : elle
est terrifiée à l’idée de se marier car elle n’est plus vierge. Shakira
décide de l’aider. Sous prétexte d’aller choisir des accessoires et des
tissus au Maroc, ils décident de se rendre ensemble à Casablanca où
Zina pourra se faire recoudre l’hymen. Pour mener à bien leur voyage,
Shakira est obligée de reprendre son allure de garçon pour entrer dans
son pays d’origine…
Réalisé
par Davide Sordella et Pablo Benedetti, deux jeunes italiens qui se
sont choisis pour pseudonyme un nom signifiant « éclipse » en arabe,
Corazones de mujer est un road movie généreux et optimiste. Interprété
par des acteurs non professionnels, ce film italien tourné avec un
budget très réduit porte un titre espagnol en hommage à Almodovar.
C’est dire à quel point la question de l’identité est au cœur de son
propos…"








































