16 juin 2009
La rouille du jour
Très souvent dans les billets publiés sur mes blogs, je fais usage d’une expression pour qualifier les photographies présentées en signalant qu’elles ont été faites «avec ou sans alibi artistique». Il y a donc en aval de l’acte photographique une intention préalable.
En général, les images qui sont réalisées sans alibi artistique sont le fruit d’une déambulation hasardeuse. Cela correspond à l’activité du « chasseur d’images » ou, si l’on remonte vers des temps plus reculés de l’histoire humaine, à celle de la personne qui se déplaçait et vivait, au petit bonheur la chance, de chasse et de cueillette.
Les photos faites avec alibi artistique correspondent à la concrétisation d’un projet conçu et élaboré longtemps à l’avance. Cela nous rapproche du cultivateur qui prévoit et planifie ce qu’il va semer et quelle parcelle de terre il va travailler…etc. Ce projet est toujours fixé noir sur blanc dans les pages de mes agendas. De la sorte, je peux toujours, relativement à mon parcours, dater l’émergence d’un projet.
Cependant, il n’est pas exclu que les deux pratiques s’entremêlent, l’une nourrissant l’autre. Ainsi, il arrive qu’un fil conducteur ou fédérateur (au départ inconscient) se révèle au jour et prenne de la consistance au fur et à mesure qu’un ensemble de photographies réalisé sans intention préalable s’étoffe et gagne en cohérence…
L'image qui suit a été faite sans alibi artistique. Elle m'a interpellé par sa présence sur le montant d'une porte grillagée et rouillée. Située juste au-dessous de la serrure, cette scène, fruit du travail du temps, du hasard et de la rouille , a tout de suite évoqué à mes yeux des silhouettes humaines qui viennent de se rencontrer au détour d'un chemin...
Cette miniature définitivement figée n'a pas manqué d'entrer en résonance avec ce passage entrevu à la faveur de mes dernières lectures: "(...)une fenêtre ouverte sur le monde, sur l'inexploré du monde - là encore, il s'agit d'un inaperçu qu'un homme s'est appliqué à rendre discernable, sensible, l'inaperçu de drames où le visible et l'invisible, la lumière et la nuit se frôlent, en s'éraflant ou se caressant, où les couleurs se meuvent à fleur d'immobilité en un double mouvement de contraction et de dilatation, où une aventure silencieuse se joue dans l'inconnu d'un espace en expansion" (L'inaperçu, Sylvie Germain, Albin michel, page 229-230).

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05 juin 2009
La racine à l'arrachée
Voici un petit extrait d'un texte dans lequel j'ai évoqué tout récemment la notion de "banal" et qui aurait pu, en son temps, constituer l'épigraphe de ce blog.
"Banal est par définition ce qui fait cliché, ce qui est extrêmement commun, courant, insignifiant, ordinaire, plat, rebattu voire sans intérêt...etc. Ce terme a pour antonymes : extraordinaire, remarquable, recherché, original, nouveau, curieux…etc.
La question qui se pose est la suivante : comment décréter que quelque chose est banal ou non ? Comment faire le tri entre ce qui est banal et ce qui ne l’est pas ? Quels sont les critères qui sous-tendent tout jugement de goût dans une communauté esthétique (Kant) ?
Pour moi, ce que je retiens dans « banal », c’est qu’il y a « ban ». A considérer dans le sens de ce qui est « en rupture de ban », ce qui est rejeté, ce qui occupe la marge, ce qui est nié, oublié, ce qui n’est pas coté à la bourse des valeurs esthétiques…etc. C’est l’envers du décor. Ce qu’on cache ou ce qu’on ne veut point voir et qui fait pourtant partie prenante de notre vécu ou de notre environnement…Le banal, c’est ce que l’on jette, évacue ou expulse, c’est le déchet, le détritus et l’excrément : c’est le stade b-anal de la société…"
Il y a deux jours, j'ai récupéré dans la poubelle de la
salle de bain des bandes qui servent à l'épilation au moyen de la cire
froide. En les regardant par transparence, j'ai été esthétiquement
subjugué par le paysage abstrait des poils arrachés et qui n'a pas
manqué d'évoquer à mes yeux certains tableaux de Michaux...
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Pour entrer en résonance avec cette série photographique, je vous invite à arracher les consonnes, les voyelles, les syllabes et les mots de ce poème de Henri Michaux :
Je me couche toujours très tôt et fourbu, et cependant on ne relève aucun travail fatigant de ma journée.
Possible qu'on ne relève rien mais moi, ce qui m'étonne, c'est que je
puisse tenir bon jusqu'au soir, et que je ne sois pas obligé d'aller me
coucher dès les quatre heures de l'après-midi.
Ce qui me fatigue ainsi, ce sont mes interventions continuelles.
J'ai déjà dit que dans la rue je me battais avec tout le monde; je
gifle l'un, je prends les seins aux femmes, et me servant de mon pied
comme d'un tentacule, je mets la panique dans les voitures du
Métropolitain.
Quant aux livres, ils me harassent par-dessus tout. Je ne laisse pas un mot dans son sens ni même dans sa forme.
Je l'attrape et, après quelques efforts, je le déracine et le détourne définitivement du troupeau de l'auteur.
Dans un chapitre vous avez tout de suite des milliers de phrases et il
faut que je les sabote toutes. Cela m'est nécessaire.
Parfois, certains mots restent comme des tours. Je dois m'y prendre à
plusieurs reprises et, déjà bien avant dans mes dévastations, tout à
coup au détour d'une idée, je revois cette tour. Je ne l'avais donc pas
assez abattue, je dois revenir en arrière et lui trouver son poison, et
je passe ainsi un temps interminable.
Et le livre lu en entier, je me lamente, car je n'ai rien compris...
naturellement. N'ai pu me grossir de rien. Je reste maigre et sec.
Je pensais, n'est-ce pas , que quand j'aurais tout détruit, j'aurais de
l'équilibre. Possible. Mais cela tarde, cela tarde bien.
Henri Michaux, Une vie de chien.
02 mai 2009
Discours politique
26 avril 2009
Histoires de liquidités
Que disent ces douze histoires d'eau ?
Cliquez sur chaque image pour mieux la voir
Pour prolonger la lecture de ces partitions aquatiques, je vous invite à un petit diaporama par ici ...
27 mars 2009
Eclats de mortier


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Sur photoeil, un billet intitulé "Mille minuits d'Imilchil à midi" a été publié aujourd'hui. Pour vous y rendre, cliquez sur l'image à gauche.
15 février 2009
Sous les feux de la rampe IV
Pour clore cette série, j'ai sélectionné quelques clichés où la sobriété des ombres chinoises est égayée par une petite note colorée. Vous pouvez également, si vous disposez de temps et de courage suffisants, visionner le diaporama en laissant défiler pas loin de 160 images...


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14 février 2009
Sous les feux de la rampe III
13 février 2009
Sous les feux de la rampe II
12 février 2009
Sous les feux de la rampe I
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Je me suis posté, en même temps que le soleil d'une fin d'après midi, au détour d'une rampe d'escalier. A l'arrivée, plus de 200 clichés que je compte vous proposer par planches interposées...
29 janvier 2009
Effets pervers de la crise
Par ces temps de crise, les statistiques sont formelles: sur sept boites, il y en a trois qui ferment...

Cliquez sur l'interrupteur pour avoir une petite lueur d'espoir...

































































































