13 avril 2008
Dima je t'aime

Mon amour, je préfère, à la patrie, les roses,
Et j'aime plus les magnolias
Que gloire et que vertu.
Pourvu que la vie ne me lasse point, je laisse
La vie passer sur moi
Pourvu que je reste le même.
Celui à qui plus rien n'importe, que lui importe
Que l'un perde, que l'autre gagne,
Si toujours rayonne l'aurore,
Si chaque année c'est au printemps
Que paraissent les feuilles,
A l'automne qu'elles périssent ?
Le reste, ces autres choses que les humains
Ajoutent à la vie,
Que font-elles croître en mon âme ?
Rien, sauf le désir d'indifférence
Et la créance flegmatique
En l'heure fugitive.
Fernando Pessoa, Odes éparses, in Oeuvres poétiques, La Pléiade, page 132
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10 avril 2008
Deux tiers de l'humanité en dehors du poème

VIRUS
Le trou d'ozone se trouve dans les vers
il y a un fleuve pollué un emphysème
la ville agonisante et deux tiers
de l'humanité en dehors du poème.
Il y a un virus dans les syllabes d'avril
un poison dans le rythme et dans le mot
il y a des oiseaux qui apportent Tchernobyl
et l'eau qui parlait ne parle plus.
Dans la terzza rima altération génétique
il y a une araignée qui chante comme une alouette
les jambes en l'air Hegel et l'esthétique.
Voici l'enfer. Il n' y a plus Virgile
pour me guider vers un royaume d'harmonie.
C'est pourquoi mon chant est un nouvel exil.
Manuel Alegre, Anthologie de la poésie portugaise contemporaine, page 214, Gallimard
04 avril 2008
Rester sur le carreau
Parfois, en ces jours à la lumière exacte et parfaite,
En lesquels les choses ont toute la réalité qu'elles peuvent
avoir.
Je me demande à moi-même lentement
Pourquoi je vais moi aussi jusqu'à attribuer
De la beauté aux choses.
De la beauté, une fleur en aurait-elle par hasard ?
Un fruit aurait-il par hasard de la beauté ?
Que non: ils ont couleur et forme
Et existence, rien de plus.
La beauté est le nom de quelque chose qui n'existe pas.
Que je donne aux choses en échange du plaisir qu'elles me
donnent.
Elle ne signifie rien.
Alors pourquoi est-ce que je dis des choses: elles sont
belles ?
Eh oui, même en moi, qui ne vis que de vivre,
Invisibles, ils s'immiscent, les mensonges des hommes
Devant les choses,
Devant les choses qui tout simplement existent.
Qu'il est difficile d'être soi-même et de ne voir que le
visible !
Fernando Pessoa, Oeuvres poétiques, Bibliothèque de la Pléiade, page 27.
29 mars 2008
Faut-il bazarder le hasard ?


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24 mars 2008
Sous l'oeil rond du dragon
Non ! Il ne s'agit pas du match du siècle! Il ne s'agit pas non plus des lions de la tasse se mesurant aux piliers de Zanzibar ! C'est un match entre enfants du quartier qui taquinent le ballon. L'arbitre est tout bonnement un dragon!
Cliquez sur les images pour voir le dragon à l'extrême droite





















