13 mai 2009
Chemin de ferveur
Une journée dans le train. Le long de la voie ferrée, à grande vitesse, le regard qui déraille faute de repères fixes...La réalité déstabilisée gagne en inconsistance! L'impression vertigineuse que les paysages défilent à travers une centrifugeuse en mouvement accéléré, qu'ils se dématérialisent...
Pour prolonger cette note, je vous invite par ici dans les archives...




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07 mai 2009
La clef charnelle de la vision

Je
recueille bout par bout
ce qui subsiste en moi
Tessons de colère
lambeaux de passion
escarbilles de joie
Je couds, colle et cautérise
Abracadabra !
Je suis de nouveau debout
Pour quelle autre bataille ?
Quand
le quotidien m'use
je m'abuse
en y mettant mon grain d'ironie
Voici le chat
et voici la souris
Auteur méconnu de dessins animés
je suis
Laver
son cœur
le faire sécher
le repasser
le suspendre sur un cintre
Ne pas le replacer tout de suite
dans sa cage
Attendre
la clé charnelle de la vision
l'impossible retour
le dénouement de l'éternité
De
cette feuille
dite vierge
que sortira-t-il
Un bouton de seringa
ou une fleur carnivore ?
C'est
moi qui tremble
Poèmes périssables, Abdellatif Laâbi
01 mai 2009
L'esprit du voyage II

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30 avril 2009
L'esprit du voyage I
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14 avril 2009
Va-et-vient
Ce qu'il y a de plus important d'un point de vue orthographique dans ce mot, ce sont les deux traits d'union de part et d'autre de la préposition de coordination. Le mot renvoie d'abord à tout dispositif qui sert à établir une communication dans deux sens différents. Il rappelle, entre autres, un montage électrique à deux interrupteurs qui permettent en étant distants l'un de l'autre d'allumer ou d'éteindre les mêmes lampes. Il signifie également tout mouvement alternatif : piston, balançoire...etc.
Le présent billet exploite partiellement cette possibilité! Pour cela, je vous demande dans un premier temps d'essayer de deviner à partir de chaque image-énigme affichée de quoi il s'agit.
Dans un second temps et au lieu de vous inciter à donner votre langue au chat, je vous invite tout simplement à prendre votre ticket aller et retour en cliquant sur l'image pour avoir la réponse!
17 mars 2009
La danse du vent
Comme vous l'avez appris dans le septième épisode de notre virée dans le haut Atlas, nous avons déjeuné dans une petite ferme pas loin d'Aghbala. Ce jour là, on préparait la terre pour recevoir deux mille poiriers. Il y avait également un chantier de construction. J'ai rôdé tout autour dans le but d'y trouver mon bonheur photographique. La série d'aujourd'hui porte sur des liens en raphia synthétique de couleur blanche qui ont dû servir à attacher les branches de jeunes arbres fruitiers. On sait que le vent n'a ni attaches ni ventre, mais à travers ces liens, sa danse était éloquente!
Cliquez sur chaque image pour la voir en grand
09 février 2009
La théorie du Blog Bang
On situe vaguement la naissance des premiers blogs vers la fin des années 1990. Mais je n'ai aucune idée de l'identité de la personne qui a ouvert le premier blog de l'Histoire! Je vous laisse le soin de mener une petite recherche sur la question! Mais il n'est pas dit que vous allez réussir à mettre la main sur celui qui a déclenché la première étincelle du Blog Bang!...
La théorie du Big Bang nous offre bien des points de convergence avec la blogomania. On
dit que l'univers est en expansion. La blogosphère l'est également.
Chaque blog, vous en conviendrez, est un petit univers en soi avec ses
galaxies, ses étoiles, ses trous noirs, ses soleils, ses lunes, ses comètes, ses planètes et
ses satellites...Phénomène jeune, il intéressera au premier chef et massivement les jeunes. Mais aujourd'hui force est de constater que cela touche toutes les tranches d'âge de la population mondiale. A ce propos, il serait intéressant de disposer de données statistiques et d'études sociologiques pour évaluer cette croissance rapide des blogs et son impact sur la vie des gens de tous bords...
Bon! Toute blague à part, il est certain que l'Homme a créé le blog en un temps record : pas besoin de six ou sept jours pour donner vie à un blog! Il l'a fait bien évidemment à son image! Sans aller dans le sens de l'hypothèse créationniste, il est banal de constater que chaque blog a son "dieu" attitré! D'où la multitude fractale de divinités, de mythes, de rites, de croyances, de communions, de chapelles, de bannières, de partis pris, de petites et de grandes guerres, de ratures, de littératures, d'exégèses, de tours de Babel, de brouhahas, de bruits pour rien, de pseudos, de masques, de théâtres, de trompe-l'oeil, de cinémas, de filiations, de fictions, d'afflictions, de paradis, de purgatoires, d'enfers, d'ombres et de lumières ...etc. Bref, on trouve de tout dans la blogsphère!
Incontestablement, les blogs débordent de vie mais comme l'Homme, faut-il le rappeler, ils sont mortels!
05 février 2009
La nuit tous les chagrins ne sont pas gris...
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Découvrez Jean Vasca!
22 décembre 2008
Sur la voie du chemin...
...de fer. De retour de Rabat. La mémoire confusément chargée de toutes les images vues et revues durant ce XIIIème salon national de la photographie. Je vais laisser toutes ces visions se décanter pour vous en parler dans un billet prochain.
J'ai pris le train rapide de 16 H 10. Mais pour d'obscures raisons, il s'est arrêté en rase campagne à plusieurs reprises ce qui a retardé mon retour au bercail. Tout le long de la voie du chemin de fer, à l'aller comme au retour, un diaporama soutenu qui donne le vertige! Heureusement, le rythme effréné et continu de ce fondu enchaîné était tempéré par les courtes parenthèses des ralentissements qui annonçaient les entrées ou les arrêts en gare. L'impression désagréable, en dépit de la diversité des paysages, que le temps présent s'engouffre éperdument dans le goulot démesuré d' un passé laissé derrière moi . La distance qui sépare présent et passé se mesure probablement à ces ombres fugaces des poteaux électriques qui ponctuent la voie ferrée et qui disparaissent les uns à la suite des autres...
Mais pour rien au monde je ne chercherai, à l'instar d'une autruche, à m'y soustraire en plongeant mes yeux dans un journal, un magazine ou un livre...Tout mon être est rivé sur ce palimpseste visuel qui défile et se renouvelle à vive allure...
Tout le long de ce voyage, les anecdotes ne manquent pas. Je me rappelle à hauteur d'un douar, d'un petit groupe de trois adolescents distant d'une bonne vingtaine de mètres de la voie ferrée. Le plus effronté des trois prenait les devants et mimait avec un(e) partenaire imaginaire , à l'adresse de tous les voyageurs, un acte sexuel éloquent de frénésie. Chose incroyable, à peine le douar dépassé, se découpait sur fond de plaine labourée de sillons une horde de chiens en rut poursuivant une femelle en chaleur...
La proximité dans le temps et l'espace de ces deux scènes me fait penser que, par les temps qui courent, seules les voies du seigneur demeurent impénétrables...
27 novembre 2008
Un petit air de vacances
A l'intérieur de sa cage en bois
Placée dans la remorque d'un camion
Le singe s'accroupit,
L'air calme, il examine les alentours.
Et la terre en dessous roule à vive allure
Les paysages s'éloignent
Le camion s'ébranle
Sur la route serpentine qui n'en finit pas
Le singe s'énerve
Bientôt, il retrouve son calme
Et continue son examen:
A la lumière du jour
Les plaines sont vertes, jaunes et ternes.
Les palmiers, les rochers, les femmes, les enfants,
Les maisons, les cimetières, les montagnes, les ravins,
Les villes et les villages défilent devant ses yeux.
Puis l'obscurité tombe et la lune apparaît.
Le singe au clair de lune
Rêve de la forêt lointaine et de ses lianes.
Le coq du matin souffle et les paysages brillent.
Le camion soulève une nuée de poussière
Le singe éternue, essuie une larme
Et continue à scruter.
Soudain, les paysages cahotent.
Le soleil s'élance à l'horizon
Le singe, perturbé un instant, continue à scruter:
Les bornes sur la route et leurs chiffres s'éloignent
Un horizon disparaît. Un autre apparaît.
Les paysages se succèdent merveilleux et brefs
Leurs couleurs changent.
Le voyage du singe apparaît comme un charme sans fin.
Il examine les alentours
Scruter est tout ce qui lui reste à faire:
Le laboratoire, les appareils, les microscopes,
Le bistouri ensanglanté et les salles
Où sera disséqué son cerveau blanc et rond
Tout cela lui est inconnu.
Le singe scrute à travers les barreaux de sa cage
Jetant sur toute chose un paisible regard.
Le voyage du singe, poème de Mahmoud Al-Brikan, in Le poème arabe moderne, Maisonneuve & Larose, pages 106-107.





































