Touhami Ennadre : "Quand je photographie, je ne me laisse pas photographier par le sujet. Loin de me contenter de reproduire la réalité, je l'efface afin de ne pas tomber dans le piège de l'image et de laisser l'imaginaire dévoiler lui-même le réel. Le sens de mon travail est de faire ressurgir l'essentiel, il n'est jamais illustratif. Mes photos dépendent de ma lumière dont j'encercle mon motif qui ne pose jamais. Je travaille dans le mouvement et n'utilise pas de viseur. Il n'y a pas d'intermédiaire entre mon regard et le sujet. Je suis mon propre viseur. Comment peut-on photographier  en fermant un oeil et en lorgnant par un trou de serrure ? Pour moi, un appareil photo n'est pas un fusil à lunette."
Sur le plan technique, Ennadre utilise un Hasselblad surmonté ou encadré par deux lampes torches afin de faire la chasse aux ombres. Il a une préférence pour le grand angulaire et travaille au plus près du sujet. Le reste est affaire de laboratoire et de masquage...
Pour la petite histoire, on a demandé récemment à la commissaire qui présente son travail d'indiquer la fourchette des prix de vente: "En ce moment, le prix de vente d'une photo varie entre 20 000 et 30 000 Euros" !

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Touhami Ennadre à droite sur l'image au musée Batha de Fès, juin 2009.