...de fer. De retour de Rabat. La mémoire confusément chargée de toutes les images vues et revues durant ce XIIIème salon national de la photographie. Je vais laisser toutes ces visions se décanter pour vous en parler dans un billet prochain.

J'ai pris le train rapide de 16 H 10. Mais pour d'obscures raisons, il s'est arrêté en rase campagne à plusieurs reprises ce qui a retardé mon retour au bercail. Tout le long de la voie du chemin de fer, à l'aller comme au retour, un diaporama soutenu qui donne le vertige! Heureusement, le rythme effréné et continu de ce fondu enchaîné était tempéré par les courtes parenthèses des ralentissements qui annonçaient les entrées ou les arrêts en gare. L'impression désagréable, en dépit de la diversité des paysages, que le temps présent s'engouffre éperdument dans le goulot démesuré d' un passé laissé derrière moi . La distance qui sépare présent et passé se mesure probablement à ces ombres fugaces des poteaux électriques qui ponctuent la voie ferrée et qui disparaissent les uns à la suite des autres...

Mais pour rien au monde je ne chercherai, à l'instar d'une autruche, à m'y soustraire en  plongeant mes yeux dans un journal, un magazine ou un livre...Tout mon être est rivé sur ce palimpseste visuel qui défile et se renouvelle à vive allure...

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Tout le long de ce voyage, les anecdotes ne manquent pas. Je me rappelle à hauteur d'un douar, d'un petit groupe de trois adolescents distant d'une bonne vingtaine de mètres de la voie ferrée. Le plus effronté des trois prenait les devants et mimait avec un(e) partenaire imaginaire , à l'adresse de tous les voyageurs, un  acte sexuel éloquent de frénésie. Chose incroyable, à peine le douar dépassé, se découpait sur fond de plaine labourée de sillons une horde de chiens en rut poursuivant une femelle en chaleur...

La proximité dans le temps et l'espace de ces deux scènes me fait penser que, par les temps qui courent, seules les voies du seigneur demeurent impénétrables...