Les parlers arabes ont-ils les moyens de sabrer le cordon ombilical ?
Aperçu par hasard dans une vitrine, ce livre de Ch. Choubachy ! Un nom qui chuinte à l'oreille et sonne comme l'accent égyptien! Il paraît que ce livre a semé la zizinie dans les sphères académiques et les opinions du monde arabe! Pour une fois, qu'elles sortent de leur légendaire léthargie...
Le livre pose la question brûlante de la réforme de la langue arabe. Les avis des spécialistes ne peuvent que diverger et s'opposer avec violence.
Personnellement, je considère que nos langues parlées (et qui peuvent être écrites) constituent nos langues maternelles. De toute évidence, un marocain bien avant sa naissance, est bercé par le rythme et la prosodie de la langue que parle sa mère! Et quand il vient au monde, c'est pour baigner dans les intonations vivantes de la langue parlée! Ce n'est qu'en allant à l'école à l'âge de sept ans qu'il sera initié à la langue dite classique arabe. C'est pour cette raison que j'ai toujours privilégié dans mes propres recherches prosodiques l'étude des parlers.
Langue classique et parlers sont apparentés. Mais les parlers constituent aujourd'hui des langues autonomes avec leur syntaxe, leur lexique, leur prosodie, leur rythme, leur génie propre...etc. Il ne s'agit pas à mon avis de réformer la langue du Coran mais tout en lui reconnaissant sa valeur patrimoniale irremplaçable pour ce qui concerne notre histoire et notre culture communes, de donner aux parlers arabes et berbères leur véritable statut de langue maternelle et d'arrêter de nourrir cette schizophrénie linguistique qui prédomine dans les mentalités.
Voici la présentation donnée par l'éditeur de ce livre :
"La langue du Coran est-elle l'une des causes du déclin de la puissance
arabe depuis le siècle de Saladin ? Sa grammaire, qui n'a pas évolué
depuis mille cinq cents ans, explique-t-elle le retard sur l'Occident
qui s'est creusé au fil des siècles ?
Les questions iconoclastes posées par cet essai ont soulevé une tempête
médiatique et politique sans précédent en Egypte, provoquant la colère
des gardiens de la tradition. Chérif Choubachy y tire le signal
d'alarme : les archaïsmes et la complexité de l'arabe l'ont d'ores et
déjà rendu impraticable par l'homme de la rue. Du Maroc à La Mecque,
prospèrent les dialectes qui contribuent à diviser le monde arabe,
laissant la maîtrise de la langue littéraire à une poignée d'érudits.
Parce que toute langue appartient à ses locuteurs, et non l'inverse,
Chérif Choubachy plaide pour empêcher la momification de l'arabe par
ceux qui jurent de le conserver intact. Les Arabes auront-ils le
courage de relever ce défi dont dépendent leur culture, leur
développement, leur progrès économique et, en fin de compte, leur
survie ?
Ecrivain et journaliste né à Alexandrie, ancien présentateur du journal
télévisé égyptien en langue française, Chérif Choubachy a vécu à Paris
de 1980 à 2001, comme fonctionnaire à l'Unesco, puis à la tête du
bureau parisien du groupe de presse al-Ahram. Nommé vice-ministre de la
Culture en 2002, il a essuyé une vague de protestations officielles et
a quitté son poste en 2006.
«Ce livre est une nouvelle flèche dans le coeur de la langue arabe !
Les puissances qui s'emploient à la détruire visent en fait un autre
objectif : le dessein ultime de leur machination n'est autre que le
Saint Coran.»
Mohamed Ahmed Achour, L'Etendard islamique.
«Ce livre est un cri en faveur de la réforme. Je n'y ai trouvé qu'un amour intense et authentique de la langue arabe.»
Ragaa el-Naccache, Al-Ahram
Commentaires sur Les parlers arabes ont-ils les moyens de sabrer le cordon ombilical ?
s'avancent les cavaliers,
sur le tapis des mots las ...
les mains ont changé d'armes,
lames hautes et styles hauts découpent le chemin
Un artifice au service de l'expression, une échappatoire pour établir des connections entres des êtres qui ne peuvent vivre et s'épanouir sans communication, une magie instinctive insufflée pour décrire et tenter d'expliquer le monde qui a besoin pour fonctionner des feed back de tous les éléments de la nature ,c'est tout cela et tout ce qui reste à émerger d'une langue qui vit et évolue.
Sacraliser une langue revient à la figer au même titre que le dogme qui s'en est servi pour se révéler.
La langue est par définition un instrument appelé a être perfectionné sans cesse pour mieux servir, tout comme le sabre a besoin d'être souvent aiguisé pour continuer à décapiter!
Entre les mains des gestionnaire du sacré ,le sabre est si bien entretenu au point d'être capable de décapiter la moindre virgule insoumise à leurs lois!
Je dis toujours : il n'y a que la vie qui soit sacrée ! Grrr
La sincérité et l'authenticité de la langue permet la diversité culturelle!
évolue
dans la rue aussi
et il devient vivant...
Très cinglé comme idée :) ! Mais pleine de vérités! Le français "formel" d'aujourd'hui était le français "vulgaire" parlé autrefois par les petites gens qui ne maîtrisaient pas le latin...
Quand je vois l'attachement chauvin et maladroit des arabes à une langue qui, en effet, a beaucoup évolué pour donner naissance à plusieurs dialectes parlés par des millions de locuteurs, je ne peux m'empêcher de penser que c'est idiot de dénigrer un dialecte et de refuser sa "formalisation". Cf : l'hebdomadaire Nichane, critiqué par beaucoup de marocains à cause de sa langue !
parle du langage
superbe clip
" je viens de là"

















