Le dernier Metropolis a consacré l'une de ses rubriques à une interview de l'écrivain britannique David Lodge. Je connais bien cet auteur pour avoir lu et apprécié son roman sorti en 1984 " Un petit monde " dans lequel il épingle sur le mode de la dérision les milieux universitaires. J'ai  donc prêté une oreille plus qu'attentive à cet échange consacré d'abord à la sortie en mai 2008 de son dernier roman aux éditions Payot & Rivages: La vie en sourdine  (traduction de Deaf sentence). Voilà ce qu'en dit Philippe Chevilley :
" Dans les années 1980 et 1990, David Lodge fut le chouchou des lecteurs français. Son Angleterre à la fois contemporaine et exotique, ses vaudevilles intellos (le plus souvent en milieu universitaire), son humour ultracaustique et son génie des intrigues alambiquées ont longtemps ravi les amateurs de romans conjuguant évasion et réflexion. Mais, depuis le début du nouveau millénaire, son étoile a pâli. Sa verve a semblé s'émousser, la mécanique imparable de ses livres s'est mise à tourner à vide - plus d'effets de surprise, trop de redondances... « La Vie en sourdine », son dernier opus, vient à point nommé sonner son retour en grâce. La grâce d'un roman qui coule de source, où l'auteur donne cette fois tout de lui-même. David Lodge force sa nature, abandonne toute pudeur inutile, se lâche enfin.

Comme lui, son héros Desmond, est atteint d'une surdité, partielle, mais de plus en plus envahissante. Comme lui, il est au crépuscule de sa vie. Professeur de linguistique à la retraite, marié en secondes noces à Fred, une décoratrice un brin psychorigide, il rencontre lors d'un cocktail une jeune étudiante délurée, Alex, qui lui demande de l'aider à rédiger sa thèse. Paniqué de ne pas entendre ce qu'elle dit, il acquiesce. Et se retrouve quelques jours plus tard embringué dans une relation perverse avec une drôle de fille, plus déjantée que sexy. Le sujet de sa thèse : une étude stylistique des lettres de suicidés..

Cette rencontre va-t-elle pimenter sa vie en sourdine, embourbée dans une vie conjugale maussade et le naufrage d'un père qui a de plus en plus de mal à vivre seul ? Va-t-elle au contraire l'enfoncer davantage dans son monde du silence, où l'autodérision se meut en amertume ? La maladie, la vieillesse, la mort ; face à l'amour qui s'étiole, au sexe qui se fait rare... David Lodge nous délivre une oeuvre crépusculaire, d'une troublante sincérité. D'autant plus émouvante, que l'auteur n'a rien perdu de son sens de l'humour, exploitant à merveille les quiproquos provoqués par la surdité. Un humour simplement un peu plus désespéré - comment jouer sur les mots qui vous échappent ?

« La Vie en sourdine » est un roman précieux, constamment sur le fil, qui évite de tomber dans le renoncement, le cynisme ou le dégoût de soi, animé par un instinct de vie inextinguible. C'est aussi une leçon de littérature : aussi autobiographique soit-il - David Lodge le souligne symboliquement en passant au bout de quelques pages du « il » au « je » -, ce roman-testament reste une oeuvre de fiction, avec des personnages et des situations inventées. Un livre palpitant, un livre au coeur battant, qui tranche avec l'encéphalogramme plat de nos autofictions nationales."

Pour ma part, j'ai réalisé pour la circonstance cette série de photographies avec l'alibi d'une ou deux bouteilles :

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