Il a dit:
Dès le premier réveil nous prendrons la route vers les limites de l'eau
Nous nous délivrerons des humeurs poudreuses qui nous assiègent
Nous poserons nos têtes sur l'arbre fané du peuple
Et nous rapprocherons nos corps
Pour que se rencontrent les margelles du plaisir
(...)
Il a dit:
Les hommes qui viennent de quitter le rivage
Marchent sur l'eau, des lances à la main
Mon bateau est immobile et les coquillages flottent
Doucement, ô étoiles de mer
Doucement, ô toi qui flotte
Doucement, ô toi sans pitié


(Les papillons ne rient plus
Ils ont maintenant des ailes de boue
et un siège permanent dans la cour de la peur)

Il a dit:
Tu sais que la mer est grande
Le temps coule comme l'eau entre les doigts
Et rien ne reste.
Tu sais que la terre a fleuri
Grâce à une goutte de parfum de citronnier
Tu sais que les forêts portent les rendez-vous de l'amant,
A la pierre des rivages
La pierre a éclaté puis est devenue une fleur métallique.
Pourquoi alors, te caches-tu
Dans les chambres de la ville moderne,
Assailli par le bruit et l'absurde ?
T'amusant à recueillir les jeunes seins
Avalant sans fin la salive.

(Les membres de l'horloge pendent de la fissure du mur
Et le temps sans colère compte les points et les virgules
du nouveau matin
On sonne
Et derrière la porte le matin est debout
Qui veut le matin de bonne heure ?)

Il a dit:
Je cherche la pierre dans l'eau
Et l'eau dans la pierre.

Achour Bachir Al-Touaibi, Poème de l'eau (extraits) in Le poème arabe moderne, Maisonneuve & Larose.

N1080354

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