16 mai 2008
Du point de vue du chardon sauvage...
Les sorties de nos villes s'apparentent le plus souvent à de véritables no man's land. Ces lisières périphériques présentent des paysages pas toujours folichons ! C'est que cette zone tampon est le révélateur d'une guerre silencieuse et pernicieuse qui voit les terres rurales inexorablement mises à sac et digérées par l'expansion sauvage d'une urbanisation anarchique, aveugle et affligeante...
L'autre jour, nous quittions Azemmour par la route qui mène à El Jadida et je trouvais justement que ce qui était censé être la ceinture verte de la ville n'était en fait qu'un immense et inculte terrain vague...
Nous n'avions pas encore franchi le panneau routier qui autorise le dépassement des 40 kilomètres à l'heure que la roue gauche arrière commençait à "crever la dalle" et à manifester des signes inquiétants d' asphyxie et de perte d'air...Notre ami au volant s'est garé d'urgence à proximité d'un réparateur de pneus.
Pour moi, cette pause inopinée était une aubaine pour un nouveau tête à tête avec ma chère chambre noire! Cela commence toujours par une petite séance de voyeurisme! Je lui ôte le petit capuchon et colle mon oeil au petit trou du viseur. J'actionne le va-et-vient du zoom pour trouver le juste rapport du cadrage et la bonne ligne de mire. Je débraye l'autofocus pour parfaire manuellement la mise au point. Dernières petites touches au diaphragme pour peaufiner la profondeur de champ et satisfait, je lui titille le petit bouton du déclencheur...qui répond en douceur à mon appétit d'images....
Justement, voici les clichés glanés à ce moment là! En face de moi, une étendue caillouteuse bordée de part et d'autre de la route par des palmiers (seule coquetterie du paysage!).
A proximité d'un cheval attaché au tronc d'un palmier, des hommes dressaient une bâche de forte toile verte imperméabilisée pour se protéger du soleil qui commençait à taper un peu fort...
J'ai fini par comprendre qu'il s'agissait de l'atelier en plein air d'un maréchal-ferrant! C'est que dans le secteur, les carrioles et les bêtes de somme ne manquent pas...
A peine cet abri de fortune dressé, le maréchal-ferrant entrait en action en officiant ses bons services!
Presque en même temps, le cheval recouvrait des sabots bien ferrés et juste en face, la roue de notre voiture retrouvait son aplomb! Il nous fallait partir et laisser derrière nous ce petit monde avec lequel j'avais bien sympathisé ...
Cliquez sur chaque image pour la voir en grand!
Commentaires
Ahhh zemour qui rime avec...
Demain dès l'aube....j'y serai
La photo avec vue sur les 3 portions du vieux mur d'enceinte, certainement de la medina, a attiré mon attention. La semaine dernière je me disais que je ne les avais jamais remarqués au paravent.
Une ville avec des couches seculaires d'histoire encore à decouvrir!
Je vous y croiserai et je vous reconnaitrai.
Et ce chien efflanqué...
... tout à fait oisif, qui marque son territoire avant de s'arrêter à l'ombre sans trop savoir pourquoi. Et dire que la semaine dernière, je flânais dans un monde médiéval ! Chez toi, deux époques cohabitent, étranges l'une à l'autre, familières, assumant l'improbable...
Zone d'entre-deux, no man's land étonnant.
Sans doute cet espace intermédiaire est le révélateur d'un tout...
Un lieu qui permet de trouver une place même dérisoire là où ailleurs cela n'est pas forcément possible.
Tout comme pour ce chardon sauvage...
Il ne se sent pas tout seul, le chardon ?
Hum, que le Maroc me manque, parfois !
Du bon usage des "évènements routiers"
Elles sont sympas ces photos prises sur le vif.
Et ce chardon... très fier et stoïque !


























