Too Banal

L'aubaine de la Lumière, l'ébène des mots, le collyre du jour et le khôl des insomnies...

09 mai 2008

Ruelles étroites au sens large du terme

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A la réflexion, ce sont plutôt nos maisons qui sont étroites! Très tôt, les enfants se sentent chez eux comme oiseaux en cage! A la moindre occasion et sous tous les prétextes, ils désertent la maison pour retrouver les copains et les copines et le  jeu. Ces ruelles étroites constituent leur planète de prédilection et leur classe transplantée...

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07 mai 2008

Entrez par la petite porte

Un petit éventail des portes et détails de portes d'Azemmour
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Je vous invite à visualiser ces images individuellement via l'album "Portes d'Azemmour"

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La mère du printemps

La petite localité d'Azemmour sur la côte atlantique marocaine est érigée à l'embouchure du fleuve Oum Arrabie (la mère du printemps).
Cette ville se présente au visiteur sous l'aspect d'une cité gagnée par la ruine. Ce qui fait son charme. Mais les choses  sont en train de changer car il y a un véritable engouement de la part des étrangers qui viennent acheter ces maisons pour les restaurer et en faire des maisons d'hôtes...Je vous invite à longer le fleuve à travers ces quelques images. La prochaine fois, nous ferons mieux connaissance avec cette petite ville très attachante...

 

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29 avril 2008

Ivresse verticale

Toutes les images du dossier précédent "J'ai replongé dans la bouteille" s'inscrivaient dans un format horizontal (dicté par la forme du flacon utilisé et par le fait que l'horizontalité sied le plus souvent au paysage...). Voilà un petit supplément fait de cinq photos verticales.

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23 avril 2008

J'ai replongé dans la bouteille...

A la faveur du dernier week-end pluvieux, j'ai profité de la grisaille et du peu d'éclaircies pour ressortir la bonne bouteille... Mais rassurez-vous! Je ne vais pas vous ressasser la vieille rengaine : "Jolie bouteille, sacrée bouteille", je ne veux pas te quitter, je ne veux pas m'en aller, je ne veux pas recommencer ma vie...
Ce qui est certain, c'est qu'un alcootest aurait relevé plus de 10 mégapixels dans mes veines! En cause : la seule et unique ivresse photographique!

Ces images qui évoquent d'improbables rivages et d'insondables paysages rappellent celles qui se trouvent, ici même, dans l'album "Voyage en chine". Les deux séries ont été obtenues avec le même flacon. Sauf que cette fois-ci, en voulant jouer sur le vide et le plein, sur les reflets et les transparences..., d'eau, à moitié, je l'ai rempli.

Vous pouvez les visualiser à votre guise dans l'album intitulé "Plongée dans une bouteille".



 


 

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21 avril 2008

Cela m'a plu !

...il a plu pratiquement tout ce week-end ! Cela a commencé dès la fin de l'après-midi du vendredi. J'étais garé à attendre l'arrivée d'un car quand il a commencé à pleuvoir sérieusement ! Les gouttes d'eau ruisselaient sur toutes les parois vitrées de la voiture...Il pleuvait vraiment des cordes et je n'arrivais pas à voir et à déchiffrer la plaque de la voiture jaune qui se trouvait à l'arrêt juste devant moi !

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A travers le pare-brise, je reconnaissais au loin la masse sombre d'un arbre qui prenait l'allure d'une sorcière qui enfourchait son balai et en m'approchant davantage de la surface transparente je me suis rendu compte que chaque goutte de pluie constituait en soi une fenêtre ouverte qui reproduisait -sur un mode fractal- la même scène fantastique !

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Les trombes d'eau ne faiblissaient pas et j'avais de plus en plus l'impression d'être dans un véhicule amphibie ! A bâbord, il y avait un immeuble de quatre étages qui prenait l'apparence d'un vaisseau fantôme ! Cette impression se confirmait à mes yeux de myope quand j'observais de façon tangente les trajectoires et les formes aléatoires des gouttes qui glissaient comme des limaces distordues sur la surface abrupte en verre...

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Quand il pleut par ici, c'est souvent un bonheur ! Tant il est vrai que cette manne du ciel se fait bien rare au point de se faire prier ! Ses premières retombées sont les escargots ramassés et vendus dès samedi matin sur les marchés ! Ma récolte à moi, ce sont ces images que je vous invite à visualiser dans l'album " Pluie ".

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18 avril 2008

La vie est bulle !

La chambre aseptisée perfuse le jour en vitrine
Des fruits cristallins nourrissent leurs arbres de métal
dans le paysage enfumé de linges blancs
L'enfant-bulle y gravite dans les regards étanches
Il a pour satellites les rêves gourmands de nos microbes
L'enfant-bulle s'endort au sein d'une parole
à l'abri de sa promesse diaphane
Assoiffé d'un clair-obscur distillé pour demain
il dévore la notion de soleil par des lampes

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Combattant désarmé par ordonnance du vide
Hôte d'une ferveur mise en quarantaine dans les autoclaves
Prisonnier pâle d'un zèle téléguidé par les couleurs
il observe la loi des fantômes d'outre-verre
qui prennent souffle au ciel pollué de la vraisemblance
Il attend la main qui viendra la cueillir
pour affronter midi réel sans mourir de vérité

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L'enfant-bulle intercepte les passes du néant
pour courir vers le but des ombres extérieures
Sur elles il devine les secrets foisonnants de l'espace
l'étrange force qui fait plier le mal par sa descendance
La guérison se forge comme une légende faisant grandir
où les virus périssent pour des souffrances totalitaires
La croyance est souvenir d'une attente désinfectée

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C'est en voyant danser nos gestes silencieux
qu'il apprend les nuances de l'air
capable de porter les mots qui se respirent
C'est en déchiffrant la flambée des regards curieux
qu'il voyage au-delà des yeux qui font mûrir
L'enfant-bible s'allaite au glossaire de chiens et loups
pour comprendre le dialecte des éclaircies
Le risque devient l'enveloppe sans écailles
qu'un danger traverse comme le pansement d'une frontière

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Des silhouettes opaques lèvent la vitre des images
sur l'être vacciné devenu leur semblable
La fièvre apprivoisée  guide vers les premières caresses
Les orages de sa jeune chair enfin démontrée
Premier symptôme de la rédemption demeurée contagieuse
la voix qui meurt frisson appelle à naître éclair

Maurice Couquiaud, L'enfant-bulle, poème inédit, in Vagabondages, n°76, 1989

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14 avril 2008

Les lunettes du carnivers

LES LUNETTES DE M.PESSOA

J'ai entendu aujourd'hui dire que le poète M.Fernando
Pessoa a opéré une rupture
avec la lyrique traditionnelle.
On disait qu'il a pensé en anglais nirvanique
et fait du vocabulaire lusitanien
sa patrie.

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Tout cela me paraît être une perfidie
de la part de ceux qui n'ont pas su reconnaître sa voix
        dans la rue.
Le poète a toujours été le cannibale maximum
parmi tous les hommes.
Parfois, M. Pessoa s'asseyait dans les fauteuils
de l'impuissance et laissait brûler le verre
de ses lunettes.

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A la lumière qui s'allumait il succombait.
Et tous les mots tremblaient dans un coin du monde
fatigués de son bal masqué.
La fulgurance de la catastrophe
n'offusquait pas encore la sage myopie de cette étrange-personne.
Dites et propagez tout cela en sa mémoire.
Car jamais je n'ai jamais fait de quoi que ce soit
ma patrie.

Armando Silva Carvalho, in Anthologie de la poésie portugaise contemporaine, 2003, page 245-6, Gallimard.

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13 avril 2008

Dima je t'aime

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Mon amour, je préfère, à la patrie, les roses,
Et j'aime plus les magnolias
Que gloire et que vertu.

Pourvu que la vie ne me lasse point, je laisse
La vie passer sur moi
Pourvu que je reste le même.

Celui à qui plus rien n'importe, que lui importe
Que l'un perde, que l'autre gagne,
Si toujours rayonne l'aurore,

Si chaque année c'est au printemps
Que paraissent les feuilles,
A l'automne qu'elles périssent ?

Le reste, ces autres  choses que les humains
Ajoutent à la vie,
Que font-elles croître en mon âme ?

Rien, sauf le désir d'indifférence
Et la créance flegmatique
En l'heure fugitive.

Fernando Pessoa, Odes éparses, in Oeuvres poétiques, La Pléiade, page 132

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Cliquez sur les images pour en grossir le trait sinon visualisez l'album LPV


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10 avril 2008

Deux tiers de l'humanité en dehors du poème

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VIRUS
Le trou d'ozone se trouve dans les vers
il y a un fleuve pollué un emphysème
la ville agonisante et deux tiers
de l'humanité en dehors du poème.

Il y a un virus dans les syllabes d'avril
un poison dans le rythme et dans le mot
il y a des oiseaux qui apportent Tchernobyl
et l'eau qui parlait ne parle plus.

Dans la terzza rima altération génétique
il y a une araignée qui chante comme une alouette
les jambes en l'air Hegel et l'esthétique.

Voici l'enfer. Il n' y a plus Virgile
pour me guider vers un royaume d'harmonie.
C'est pourquoi mon chant est un nouvel exil.

Manuel Alegre,  Anthologie de la  poésie portugaise contemporaine,  page 214, Gallimard

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